OBJECTIFS

La FORHEF (Fédération des Organisations et des Ressources Haïtiennes Extra-Frontalières) est lancée. 

Son objectif est 

1. de faire l'inventaire des organisations et des ressources (humaines et autres) des communautés haïtiennes existant à l'étranger;

2. de structurer ces organisations et ces ressources, ce qui veut dire essentiellement faire en sorte que ces organisations et ces ressources constituent entre elles un RESEAU DE VASES COMMUNICANTS ou, pour reprendre une autre comparaison, une sorte de système sanguin où des veines et des artères, en assurant la circulation du sang, permettent au corps de vivre et d'être fort. La vie suppose l'ORGANISATION d'un ensemble d'éléments qui ont chacun dans l'être animé un rôle précis et complémentaire. 

Or nous constatons qu'aujourd'hui la Diaspora ne pèse d'aucun poids dans la réalité haïtienne, au point que 

-les dernières élections présidentielles ont eu lieu sans le vote des Haïtiens de la Diaspora (contrairement à ce qui se passe aujourd'hui dans toutes les nations modernes), ce qui veut dire que des décisions d'une importance capitale ont été prises pour l'ensemble de la nation haïtienne dont les Haïtiens de la Diaspora font partie dans une proportion d'au moins 15%, sans que ces 15% de la nation haïtienne, donc au minimum un Haïtien sur 7 (sept) aient eu la possibilité de participer à ces décisions et sont condamnés à les subir;

-de plus, les prétendants au pouvoir suprême issus de la Diaspora ont été écartés de ces élections de la manière la plus inique, la plus cavalière et la plus scandaleuse.

Tout les leaders, tous les dirigeants font de belles promesses à la Diaspora. Tout le monde promet aux membres de cette Diaspora qui ont acquis une autre nationalité, de les aider à "retrouver", à "récupérer", à "reconquérir" leur nationalité haïtienne; ce qui est une manière très claire de leur dire sans ambages que POUR LE MOMENT ils ne sont que des ex-Haïtiens ou des ci-devant Haïtiens, en tout cas pas des Haïtiens, et pour reprendre le mot du chef d'Etat sortant, pour le moment ils ne sont rien d'autre que des "Etrangers".

Nous ne devons pas plaisanter avec les choses sérieuses. Dire que des femmes et des hommes nés avec la nationalité haïtienne et qui n'ont jamais officiellement fait acte de renonciation à cette nationalité haïtienne, sont devenus des Etrangers, c'est comme décréter que la fille ou le fils d'une femme et d'un homme, par filiation naturelle, perd cette filiation naturelle et n'est plus la fille ou le fils de cette femme et de cet homme. C'est une pure aberration. Une aberration dont le seul résultat pratique est de priver la nation haïtienne de la participation civique et politique de femmes et d'hommes qui souvent font florès au plus haut niveau dans les pays où ils résident. 

Tous ceux qui pensent et qui disent que les Haïtiens jouissant d'une seconde nationalité sont des étrangers ne se rendent tout simplement pas compte que petit à petit au cours des dernières décennies Haïti est devenue une nation bipolaire dont au moins le cinquième des ressortissants a été amené à vivre à l'étranger et y a constitué un second pôle de la nation haïtienne, son Pôle Extra-Frontalier à côté du pôle intérieur qui est le Pôle Intra-Frontalier. Haïti a aujourd'hui deux jambes: une jambe intérieure qui est le pays intérieur et une jambe extérieure qui est sa Diaspora. Elle a besoin de ses deux jambes pour marcher. Si elle est privée de sa jambe-Diaspora, elle est obligée de faire appel comme aujourd'hui à une béquille qui s'appelle la Minustah. C'est aussi simple que cela. 

Empêchée d'apporter aujourd'hui sa contribution civique et politique à la nation haïtienne, exclue du circuit national, la Diaspora a devant elle deux choix:

-ou bien elle accepte cette situation aberrante;

-ou bien elle la rejette.

Aujourd'hui le débat n'est plus juridique, puisque de part et d'autre tous les arguments ont été épuisés et les deux camps sont aujourd'hui campés l'un en face de l'autre: le camp de l'acceptation de la Diaspora et le camp du rejet de la Diaspora comme une des deux parties essentielles, complémentaires et paritaires de la nation haïtienne. 

Entre ces deux camps il n'y a pas de milieu. il faut en particulier ici se méfier de tous ceux qui disent aimer voire adorer la Diaspora et lui vouloir le plus grand bien, mais qui ajoutent attendre que la loi change et même être prêts à tout faire pour que la loi change avant de pouvoir considérer les Haïtiens jouissant d'une autre nationalité comme des citoyens à part entière au même titre que tous les autres citoyens de la nation haïtienne. Ce "camp soi-disant du milieu", sorte de camp du compromis, représente un danger plus grand que le camp du rejet: on doit à ce camp, par exemple, l'élaboration et la promulgation de la dernière loi sur la Diaspora qui n'a fait que consacrer le statut d'Etranger des Haïtiens d'origine ayant acquis une seconde nationalité, puisque cette loi a fait d’eux des sortes d'Etrangers privilégiés, mais définitivement non-citoyens haïtiens. 

De même qu'une femme n'est pas plus ou moins enceinte, on n'est pas plus ou moins citoyen haïtien; on l'est ou on ne l'est pas. Ici la porte est ouverte ou fermée. Cette loi qui a créé une sorte de statut de "métèque d'origine haïtienne" a été la plus grande insulte faite à la Diaspora haïtienne et il est pourtant arrivé ce qui arrive très souvent: bien des membres de la Diaspora, dans un grave aveuglement politique, y ont vu, une avancée dans la cause de cette Diaspora.

Il est clair que nous sommes aujourd'hui dans une impasse. Et toute la question est de savoir, est de trouver comment en sortir. Comment arriver à faire accepter que les Haïtiens jouissant d'une seconde nationalité sont des citoyens haïtiens à part entière, thatisthe question!

Il faut donc parler stratégie. 

Jamais au grand jamais l'Establishment politique haïtien actuel n'acceptera que la Diaspora soit pleinement intégrée dans la nation haïtienne, ce qui veut dire accepter que les Haïtiens jouissant d'une seconde nationalité soient des citoyens haïtiens à part entière. Il ne faut se faire aucune illusion là-dessus. Sur ce point cet Establishment politique a déjà dit de milles manières: "Overmydead body!" A mon avis, il faut les prendre au mot et la Diaspora doit faire ce qu’elle doit faire "over" leur "dead body". Il faut que la Diaspora se résolve à enterrer définitivement cet Establishment. 

Voyons un peu de quoi cet Establishment est fait. Des tas d'hommes et de femmes, sans réelle assise dans le pays, sans réelles racines dans le pays, comme l'ont prouvé les dernières élections où la plupart d'entre eux n'ont eu que des scores ridicules. La "République de Port-au-Prince", car cet Establishment politique se réduit à cela, n'est finalement qu’un faux échafaudage, un trompe-l’œil, un pouvoir factice, qui tient en otage tout un pays et l'empêche d'avancer. N'ayant aucune implantation populaire, cet Establishment est obligé pour perdurer de faire appel aux forces étrangères, aujourd'hui à la Minustah. La tutelle étrangère est une composante essentielle, incontournable et qui est en train de devenir pérenne de notre Establishment politique actuel. Le pire dans cette fantasmagorie est que les suppôts indigènes de cette xénocratie dépassent souvent en valeur personnelle les agents étrangers qui leur donnent des ordres 

La République de Port-au-Prince, autrement dit notre Establishment politique actuel c'est essentiellement :

-un noyau dur de leaders et de commanditaires qui ne représentent pas le pays réel, les masses urbaines et rurales, nos "95%"

-plus la Minustah

-moins la Diaspora.

Le salut ce sera 

-de vrais leaders issus de nos 95%, 

-plus la Diaspora, 

-moins la Minustah et tout ce qui lui ressemble. 

La Diaspora exclue par la camarilla de l'Establishment politique actuel et qui, en tant que tel, doit mourir, ne pourra s'imposer qu'en groupant ses forces, donc en se fédérant.

A noter que fédérer la Diaspora ne veut pas en soi dire créer une entité nouvelle, mais plutôt prendre l'entité réelle qui s'appelle la Diaspora haïtienne et la structurer en créant entre les différents éléments qui la composent un système de vases communicants, autrement dit en mettant en réseau tous les éléments de la Diaspora haïtienne, d'où va résulter sa force. Fédérer ce sera essentiellement RECENSER (faire l'inventaire) puis STRUCTURER. 

Qui dirigera la Fédération de la Diaspora haïtienne? Les organisateurs actuels ne sont que des coordonnateurs provisoires et bénévoles. Une fois l'inventaire suffisamment avancé, auront alors lieu des élections et les coordonnateurs provisoires seront remplacés par des responsables élus, de manière réellement démocratique, c'est à dire en partant de la base et non du sommet.

Beaucoup de mouvement existent déjà qui tentent de regrouper la Diaspora haïtienne. La FORHEF (Fédération des Organisations et des Ressources Haïtiennes Extra-Frontalières) leur propose ici de faire ensemble avec eux ce travail de regroupement. Pourquoi ne pas travailler ensemble pour faire cet inventaire de la Diaspora haïtienne, en constituant ensemble cette base de données, ce qui veut dire faire en sorte que cette base données soit un travail commun, et sur le plan informatique c’est l'enfance de l'art. Il suffira pour cela de mettre en réseau les bases de données de toutes les associations et entreprises travaillant au regroupement de la Diaspora haïtienne; et plus tard d'organiser tous ensemble les élections de cette Diaspora.Montrons au pays divisé que nous de la Diaspora qui avons souvent sous nos yeux l'exemple de toutes ces nations devenues prospères, parce que leurs éléments divers savent unir leurs forces pour atteindre un objectif commun, montrons que nous sommes capables de nous serrer les coudes pour sortir le pays de son marasme. Fédérons ensemble cette Diaspora qui demain, unie aux masses urbaines et rurales, aux "95%", constituera, la main dans la main avec elles, la force invincible et conquérante qui fera d'Haïti ce qu'elle doit être: une nation prospère, juste et heureuse, marchant sans béquille sur ses deux jambes et qui alors pourra apporter à la communauté internationale sa contribution unique de nation historiquement pionnière, pleinement ouverte aux quatre vents de l'Afrique, du monde latin, du monde anglo-saxon et de l'Amérindie.

En 1804 nous avons osé prendre notre indépendance. Ou nous l'assumons ou nous abdiquons. Paradoxalement la mission de la Diaspora qui se dessine au fil des jours est de permettre au pays d'assumer son indépendance, en lui donnant les moyens de se gérer seul, en lui apportant le complément dont il a aujourd’hui besoin de ressources humaines et économiques. Il faut donc crier aujourd'hui sur tous les toits:

Diaspora haïtienne du monde entier, fédérons-nous!

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PAJ SA-A NAN KOUTI

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